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Un mot rapide sur mes projets en cours :

Je lance la sortie d’une publication le 17 décembre 2017, lors d’une soirée à En Traits Libres (2, rue du Bayle, 34000 Montpellier), à partir de 19 heures. Pour en savoir plus sur le projet (image cliquable) :

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Je construis le wordpress de Frédérique Dupuis visant à montrer son travail

Je continue d’écrire des Fragments (image cliquable) :

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Une exposition des dessins de Ganaëlle Maury est prévue en janvier 2016 à la galerie Clémence Boisanté. Ces dessins ont été faits en regard de certains de mes Fragments.

Bonnes fêtes à tous et à bientôt.

 

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Derniers coups de cœur

Les temps morts de publication sur ce site sont au moins aussi grands que les piles de livres qui s’entassent sur ma table de chevet. J’ai honte. Peut-être que parler un peu de mes derniers coups de cœur me permettra de repartir d’un bon pied dans un rythme de lecture sain.

J’ai lu quelques romans et quelques BD depuis le dernier article de février, voici ce que j’ai retenu :

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Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Teisson, collection Folio, Gallimard

Une magnifique ode à la nature sauvage et à la poésie. Teisson écrit aussi bien qu’il appréhende la nature avec une justesse et une lucidité déconcertantes. Ses mots sont des trésors, tout comme ce qu’il voit. Le journal de bord d’un homme qui s’isole du monde, qui « prend la cabane ». Des mots très révélateurs de notre société, de notre intériorité aussi. Je pourrais vous livrer une cinquantaine de citations qui ont fait frémir mon cœur, mais j’ai prêté mon exemplaire. J’avoue avec honte que j’ai défiguré le bouquin au surligneur tant il m’a mise en transe. Bref, un joli petit bijou.

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Faire l’amour – Jean-Philippe Toussaint, collection Double (<3), éditions de Minuit

J’aime Toussaint. J’avais commencé par lire Fuir, et je suis revenue au début du « Cycle de Marie » (Faire l’amour/Fuir/La Vérité sur Marie/Nue), pour, j’espère, repartir, dans le bon sens. J’aime l’écriture de Toussaint, simple et belle, à l’image de la vie. J’aime ces auteurs qui arrivent à me décrire des parcelles de vécu que je suis capable d’intérioriser, parce qu’ils ont choisi les bons mots. Faire l’amour parle d’un amour qui s’effrite, se recolle, pour mieux se briser en morceaux. Le personnage de Marie est un parfait personnage de roman : froide et fragile, mutique… j’ai adoré ne pas me sentir proche d’elle tout en essayant de la comprendre. Une phrase m’a choquée, dans ce roman que j’avais commencé puis abandonné il y a un moment, et l’idée qu’elle portait s’est inscrite dans ma tête pour toujours. J’aimerais vous la retranscrire telle quelle, mais mon exemplaire, je l’ai laissé dans une cabine téléphonique transformée en boîte à livres à Errogie en Écosse. La phrase disait que si le narrateur, intradiégétique, n’avait pas suivi Marie dans son business trip à Tokyo (ah, oui, ça se passe au Japon en plus…), leur couple en fin de vie n’en aurait été que renforcé, parce que la distance qui les aurait séparés les aurait rapprochés. Tous ces mots, ces idées, que l’on ne dit pas, et qui une fois formulées font aveuglément sens.

Après j’ai eu trois gros coups de cœur pour des autrices : Liv Strömquist, découverte grâce à Émilie Plateau (best autrice ever), Sylvie Fontaine, découverte sur une table du festival Lyon BD, et Aurélie William Levaux, découverte sur le stand des éditions Atrabile au FIRN.

De Liv Strömquist, j’ai lu Les Sentiments du Prince Charles et L’Origine du monde, tous deux sortis chez Rackham, qui m’ont laissée bouche bée. Une approche des comportements sociétaux, des rapports homme/femme et du corps féminin très documentée et livrée sur un ton tout à fait bienvenu, l’ironie servant de contour à l’indignation. C’est choquant ! Et vraiment bien mené.

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Aurélie William Levaux ne m’a pas moins bluffée avec Sysiphe, les joies du couple, chez Atrabile donc, qui fait le portrait au vitriol de sa relation amoureuse. Textes et illustrations sur tissu, c’est aussi surprenant que ça prend au tripes, c’est aussi beau que c’est terrible. J’ai aussi trouvé sur le stand des éditions Super Loto, à Nantes, lors du Fumetti, La Question et La Réponse (regardez-ça !), de Moolinex et AWL, un dyptique magnifique qui parle, encore, du couple, de l’amour, des errances de l’esprit face à ces deux « institutions ». A la fois très poétique et très concret. La fabrication est d’ailleurs assez savoureuse.

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Et puis j’ai découvert Sylvie Fontaine avec Zita, publié chez La Boîte à Bulles. Zita est une géante qui traverse les âges et vit de grandes aventures (elle pose pour Picasso par exemple), qui tantôt rapetisse tantôt re-grandit, image d’une femme composite riche de toutes ses facettes. La palette des différents styles explorés dans cet album est bluffante. C’est ma-gni-fique.

Voilà. Le temps est bon, le ciel est bleu, je crois que je vais lire un livre ou deux.

Dernières lectures

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  1. Pourquoi écrire de Paul Auster, une édition hors commerce d’Actes Sud. Cinq récits courts qui répondent à la question que pose le titre. Une claque. Disponible comme ça.
  2. Trashed de Derf Backderf. Je découvre les éditions Ça et Là et ça m’a l’air bien chouette. Ce roman graphique semi-autobiographique raconte le quotidien d’un éboueur de l’Ohio. C’est très bien tourné et super instructif.
  3. L’invité mystère de Grégoire Bouillier, chez Allia. Un récit court, autobiographique (décidément), incroyable mais vrai. Une réalité sublimée. Comment le passé hante. Comment il nous revient en pleine face. Ce qui se passe malgré nous. Et ce qu’on en fait.

Dernières découvertes,

Dernières lectures coup de cœur :

Il y a Alma, de Claire Braud, paru chez l’Association en 2014, une super BD avec dedans une île, une prophétie, des colons, des militaires, une femme en colère, de l’amour, du suspens, tout ce qu’il faut quoi.

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Il y a Quoi de plus normal qu’infliger la vie ? d’Oriane Lassus (qui paraîtra en mars 2016 chez Arbitraire), qui nous assure que « non », on est pas obligés de faire des bébés. C’est très drôle et très vrai surtout.

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Il y a Dans la course à la coupe du monde de la petite ville de province morne et triste de Nicolas Moog chez Le Mégot paru en janvier, un récit court qui brosse un portrait au vitriol d’une province mor(n/t)e et du déclin de la culture.

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Il y a The end of the fucking world de Charles Forsman paru en 2013 chez L’employé du moi, qui mêle un dessin très épuré et une tension qui vous prend aux tripes, mélange de douceur et d’horreur. C’est l’histoire de deux ados assez badass en fugue, Alyssa et James, raconté en alternance du point de vue de l’un puis de l’autre.

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Il y a 7e étage d’Åsa Grennvall chez l’Agrume, paru en 2013, où l’auteur relate sa descente aux enfers dans une relation avec un homme violent. Je pense que c’est un sujet jamais trop exploré, qui plus est, il très bien raconté ici.

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Chez radio as paper :

Il y a Deux fois de Guillaume Penchinat, fanzine dont il a publié les trois premiers chapitres sur GRANDPAPIER, et qui n’est plus dispo en version papier pour l’instant. C’est en quelque sorte la suite de sa BD Ahlam parue chez Le potager moderne en 2013. Bel objet pour un récit émouvant teinté d’humour.

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Il y a Hôtel Kebab de Ron Paxton, un fanzine drôle et savant (moi en tout cas j’ai appris des choses), et là aussi sur la fabrication y’a un beau boulot.

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Et puis il y a l’intégrale de Gazoline parue en novembre chez Les Requins Marteaux. Kebra ayant bercé mon enfance, forcément, j’aime.

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Citation du jour

Je sais bien que je me sentirais plus légère si je relâchais la tension de mes épaules. Ce n’est pas utile que tu me le dises. Mais, tu comprends, si je le faisais maintenant, je me retrouverais en morceaux. J’ai toujours vécu ainsi, alors comment veux-tu que je me mette à vivre autrement ? Si je me laisse aller, je ne pourrai pas redevenir comme avant. Je tomberai en miettes… Et je finirai par me volatiliser.

La Ballade de l’impossible, Haruki Murakami, 1987, traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle, 2007, Belfond

Les Nouvelles aventures du Chat Botté

Croyez-vous vraiment que le Chat Botté, une fois devenu grand Seigneur, soit resté à s’empâter dans son château, ne courant plus après les souris « que pour se divertir » ?

Il semblerait que Nancy Peña ne soit pas dupe. Avec humour et brio, « l’auteure » donne une suite en trois volumes au conte de Perrault, réédités en un joli recueil en cette fin d’année 2015.

Nancy Peña réinvente l’espace de la page dans cette épopée animalière truffée de jeux de mots et de références à la littérature classique. Elle met en place une mise en abyme de son histoire de façon drôle et savante. Un ouvrage donc susceptible de toucher à la fois les lecteurs lettrés et lambda.

Les Nouvelles aventures du Chat Botté, Nancy Peña, 6 Pieds sous terre, 2015

Citation du jour

C’est ainsi que je considérai, pour la première fois, que, plus l’animal est attaché de près à la terre et plus il est pesant, plus il est triste. C’est ce que je tâchai de lui faire comprendre ; et je lui parlai de l’écureuil et de ses jeux.
Elle me demanda alors si les oiseaux étaient les seuls animaux qui volaient.
– Il y a aussi les papillons, lui dis-je.
– Est-ce qu’ils chantent ?
– Ils ont une autre façon de raconter leur joie, repris-je. Elle est inscrite en couleurs sur leurs ailes… Et je lui décrivis la bigarrure des papillons.

La Symphonie pastorale, André Gide, 1925, Gallimard.

Les coups de cœur

Le coup de coeur « nouveau »

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Site de l’éditeur

#Tanx #6 Pieds sous terre

Le coup de claque « illustrations »

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Site de l’éditeur

#Kat Menschik #Haruki Murakami #Corinne Atlan

Le coup de cœur ressorti de derrière les fagots

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Site de l’éditeur

#Kenneth Bernard #Marc-Antoine Mathieu #Sholby

Le coup de cœur « Rock’n’roll »

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Site de l’éditeur

#Olivier Martinelli

Le coup de cœur poignant et « claque visuelle »

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Le coup de cœur de l’été

Site de l’éditeur

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Site de l’éditeur

>>> Site de l’auteur <<<

#El Don Guillermo

Citation du jour

Pourquoi sommes-nous si seuls ? me demandai-je. Pourquoi est-il nécessaire que nous soyons si seuls ? Tant de gens vivent dans ce monde en attendant quelque chose les uns des autres, et ils sont néanmoins contraints à rester irrémédiablement coupés des autres. Cette planète continue-t-elle de tourner uniquement pour nourrir la solitude des hommes qui la peuplent ?
Allongé à plat dos sur ma pierre, je songeais aux innombrables satellites qui faisaient des circonvolutions autour de la Terre. Une faible lueur soulignait encore l’horizon ; cependant, quelques étoiles apparaissaient déjà dans le ciel, qui avait pris une teinte violine. Je cherchai au milieu d’elles la lumière des satellites artificiels, mais il aurait fallu davantage d’obscurité pour que je puisse les distinguer. Les étoiles que je voyais restaient fixées à la même place, comme autant de clous. Je fermai les yeux, tendis l’oreille, et songeai aux descendants de Spoutnik, qui continuent à tourner dans le ciel, reliés à la Terre par la seule force de la gravité. Blocs de métal solitaires, ils se croisent, dans les ténèbres sidérales où rien n’arrête leur course, puis s’éloignent pour toujours les uns des autres. Sans mots à échanger. Sans promesses à tenir.

Les amants du Spoutnik, Haruki Murakami, 1999, traduit du japonais par Corinne Atlan, Belfond, 2003.

Citation du jour

Le jardin s’accrochait partiellement à la falaise et des essences variées croissaient sur les parties abruptes… Il y avait des calaïos, dont le feuillage bleu-violet par-dessous, est vert tendre et nervuré de blanc à l’extérieur ; des ormandes sauvages, aux tiges filiformes, bossuées de nodosités monstrueuses, qui s’épanouissaient en fleurs sèches comme des meringues de sang

L’Arrache-cœur, Boris Vian